Editorial de Philippe Boisseau

directeur général gaz et énergies nouvelles



La croissance... Quelle croissance ?


La crise financière que nous avons récemment traversée a laissé des traces, nous nous souviendrons d’excès de toutes sortes, de « toujours plus » insatisfaits. Nous nous sommes interrogés : faudrait-il apprendre à se passer de la croissance ? Les pays que nous appelons émergents ont contredit cette idée et rappelé au monde entier qu’ils aspiraient au même niveau de vie que le nôtre et que l’écart actuel – fait de l’histoire et des circonstances – avait vocation à être comblé. Ils nous ont dit haut et fort que les richesses, que nous avons parfois la tentation de mépriser, signifiaient pour eux l’accès de milliards d’individus à la santé et à l’éducation, au confort, aussi. Mieux, ils nous ont dit qu’ils allaient nous faire bénéficier de cette croissance, si nécessaire pour eux. Un doute subsiste toutefois. Il est vrai qu’une partie de la croissance des dix dernières années a été artificielle, soutenue par des politiques monétaires ou des innovations financières décorrélées de la réalité économique.

Et demain ?

 

Si je devais décrire la croissance vers laquelle nous allons, je dirais que nous allons sans doute vers une croissance « réelle » c’est-à-dire créatrice de biens et de richesses, vers une croissance par le travail plus que par la rente, vers une croissance par l’ambition plus que par l’entretien des situations acquises. Dans les métiers de l’énergie, que je connais bien, les contraintes sur la ressource imposeront des réponses intelligentes aux problèmes nouveaux d’usage et de répartition de l’énergie. Une telle croissance – une croissance responsable – est une condition pour que demain les inégalités puissent se réduire. Elle est, je crois, possible à la condition de se mobiliser pour y apporter notre contribution.