
Editorial de Jean-François Bernardin,
Président de l'ACFCI
Les entreprises, entre le global et le local
Ne nous y trompons pas. Alors qu’on aurait pu penser que mondialisation rimerait avec ouverture et solidarité, les relations économiques internationales sont plutôt une confrontation des égoïsmes nationaux. Demain peut-être même une ère d’affrontements.
Réfléchir aux nouvelles frontières de l’économie, thème de la Journée du Livre de l’économie, est donc particulièrement pertinent d’autant plus que nous nageons en plein paradoxe. Jamais à l’heure du global on n’a autant redécouvert les vertus du local. En tant que président du réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie, je peux témoigner de ce besoin des chefs d’entreprise d’avoir un ancrage fort dans leur territoire. Là où ils produisent dans un contexte qui ne leur inspire pas encore totalement confiance. Selon le dernier baromètre Viavoice pour l’ACFCI et ses partenaires Gran Thornton et Les Echos, ils sont 88% à penser que la crise n’est pas terminée et 62% d’entre eux en repoussent désormais la sortie à 2012.
Si ce sondage marque leur perception plutôt positive des fondamentaux du système - le capitalisme ou l’économie de marché - rien n’est pourtant encore gagné.
Pour trouver ou retrouver des points de croissance, il faut bien aller les chercher en dehors de nos frontières. Là encore, nos chefs d’entreprise sont à la peine. L’Europe, peu coutumière des barrières tarifaires ou extra tarifaires, campe sur des positions qui confinent au libéralisme angélique quand les autres grandes puissances, elles, s’en affranchissent allégrement. De la difficulté des frontières là encore…
Je suis sûr que la richesse des échanges intellectuels, coutumière de cette journée, pourra aider à éclairer les décideurs économiques confrontés à des choix délicats.